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Témoignage d’un Chef de Service Socio-Educatif CNEMO

Je travaille dans le champ de la protection de l’enfance depuis 2003. Educateur spécialisé depuis 2007, j’ai obtenu mon CAFERUIS[1] en 2014.J’exerce le métier de Chef de Service Socio-Educatif depuis janvier 2011. Après une année passée à encadrer l’équipe éducative du Centre Educatif Renforcé « l’Ancrage »[2], j’ai enchainé sur une prise de fonction à l’AEMO de l’ACSEA en 2012.Attaché au secteur de « Caen ouest » jusqu’en 2015, c’est désormais l’équipe de Lisieux qui témoigne des gestes professionnels que je commets depuis un an…

« Entre le marteau et l’enclume », « courroie de transmission », « cadre intermédiaire », « éducateur chef », sont des termes qui sont, ou ont été, fréquemment utilisés pour illustrer les fonctions de Chef de service socio-éducatif. Pourtant, aucun d’entre eux ne recouvre l’ensemble des attendus de cetteprofession. En effet, sa richesse et sa complexité sont inhérentes, selon moi, aux nombreux espaces horizontaux et verticaux que le CSE doit investir.

A l’attention de l’équipe éducative, tout d’abord, qu’il convient d’encadrer et d’animer comme « un tout », pluridisciplinaire, sans oublier de prendre en considération« chacun », dans sa singularité, sa personnalité et son identité professionnelle.  En effet, une  équipe  ne se décrète pas mais se construit,parfois on en hérite, et doit« vivre » pour durer. Un collectif de travail doit s’envisager comme un ensemble de personnes, de professionnels, dont il convient de maintenir la cohésion et la motivation afin que ce collectif ne représente pas qu’un groupe lambda, dépourvu d’une dimension « méta » propre au travail en équipe. Je consacre l’essentiel de mon énergie professionnelle à repérer, susciter, mettre en valeur, ce « plus » qui, lorsqu’il se produit, porte et donne du sens à nos missions, à notre « faire ensemble » tout en soutenant chacun dans un quotidien souvent rugueux, voire corrosif.

Je suis également membre d’une équipe de direction. Cette dimension de mon travail est également exigeante et riche. De mon point de vue, cette appartenance au « staff » constitue une interface irremplaçable entre le rôle de garant, de soutien  à l’intervention, porteur du projet de service à l’attention de « mon » équipe et des personnes que nous accompagnons et la dimension créative de mes fonctions. Les instances de direction permettent d’anticiper activement les obstacles, de leur opposer des éléments des éléments de réponse qui, s’ils n’existent pas, doivent être « inventés ». C’est aussi un lieu  ressource  qui, par les informations et les décisions qu’il génère, favorise une prise de recul salutaire face aux aspérités du « terrain ».

Car je dois aussi veiller à garder un contact direct avec l’environnement concret de l’intervention éducative. C’est pourquoi, je consacre un volume de temps substantiel à des rendez-vous avec les familles que nous accompagnons. Cette appui à l’accompagnement, réalisé en duo avec les éducateurs, m’aide à exercer mes responsabilités sans perdre de vu que nous intervenons au bénéfice de « personnes » acteurs de leur situation. Ces entretiens familiaux mais aussi certaines audiences permettent l’incarnation, la matérialisation de l’accompagnement éducatif dont je suis le garant.

Il n’est pas simple de résumer en quelques lignes des fonctions qui permettent et contraignent àopérer des allers-retours, toujours plus rapides, dans ces « mondes parallèles » qui au fond n’en forment qu’un. Je n’y parviens pas toujours mais j’essaie d’aborder mon métier en alliant écoute, exigence et bienveillance quel que soit l’endroit ou je suis attendu en tant que « chef ». C’est dans cet équilibre que je souhaite faire vivre, de ma place, « ce que fait l’AEMO ».

Témoignage de Ludovic Bourdon, Caen

[1]Certificat d’Aptitude aux Fonctions d’Encadrement et de Responsable d’unité d’Intervention Sociale.

[2]Emanation de l’Association Calvadosienne de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte (ACSEA).

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